Où sont passées les 6 tonnes d'argile à la fin du spectacle? Au fond d'un étang bio, l'argile est étanche (ou presque), cela évite de poser une bâche. Voici quelques images:

 

2018

ARGILE a été recréé au CCN de Neuchâtel et présenté du 18 au 20 mai 2018.

  

 

 

 

L'argile au coeur d'un spectacle poétique où interagissent quatre artistes d'horizons divers

 

QUATRE ARTISTES SUR UNE SCENE EN ARGILE

 

La neuchâteloise Orélie Fuchs Chen présente un spectacle pour le moins insolite du 18 au 20 mai prochain: la scène du théâtre du Pommier sera recouverte de 4m2 d'argile meuble pour l'occasion. Cette performance met en scène quatre artistes: Pierre-Isaïe Duc, comédien, Tan Chen, sculpteur, Rosanne Briens, danseuse et Cédric Monnin, musicien passionné de flûtes de pan roumaines. Une rencontre entre la matière et les artistes, ainsi que leurs univers respectifs.

 

"L'argile est une matière d'une densité très forte. A la fois souple et accueillante, mais aussi brute et résistante, elle possède des qualités contradictoires auxquelles je suis sensible", explique Orélie Fuchs Chen, metteure en scène. Créée pour la première fois au Temple allemand à la Chaux-de-Fonds en juin 2017, la performance nécessite six tonnes d'argile. Conservée sous forme de plots, régulièrement humidifiés, la terre meuble prendra vie sur la scène intimiste du théâtre du Pommier.

 

Expériences humaines fortes

Quatre protagonistes, chacun curieux de l'autre, cohabitent ensemble en interaction avec cette terre rouge. "Je souhaitais confronter des artistes, d'âge et de culture différents, avec leur mode d'expression propre. Chacun est ouvert à la rencontre, sans jouer. Sur scène, les artistes tiennent tous une place égale, sans que l'un ou l'autre soit d'avantage mis en valeur", explique Orélie Fuchs Chen. Et de poursuivre: "Dans ce spectacle, qui tient d'avantage de la performance, le corps a tout autant de sens que les mots". Le spectacle propose des images, auxquelles les spectateurs réagiront différemment selon leur propre vécu. La performance n'est pas que cérébrale, elle fait aussi appel aux sensations corporelles et aux émotions. 

 

La terre ne se laisse pas faire

"L'argile apporte une ouverture poétique, un rapport plus sauvage et direct aux mots, à ce qu'on verbalise", explique Orélie Fuchs Chen. Les quatre artistes doivent composer avec la présence de cette terre. La danseuse explore une surface plus molle, parfois un peu glissante à pieds nus. Le sculpteur, lui, vit une véritable épreuve physique en façonnant des formes dans cette terre qui ne se laisse pas faire. Pour le musicien, l'argile fait beaucoup de bruit. Il doit tenir compte de toutes sortes de sons émis pour le déplacement des plots. Quand au comédien, il se trouve en conflit entre la matière et le concept du mot, ces mots qui le ramènent à la terre. "L'argile nous permet de retrouver notre humanité, d'être à l'écoute non seulement de la matière mais aussi de son corps et de la terre", relève Orélie Fuchs Chen. Et d'ajouter: "L'argile a aussi une part de féminité. C'est en quelque sorte un éloge à la femme et à l'intégrité."

 

 

Vivre la ville, numéro 14, mercredi 09.05.18, la vie culturelle

par Anne Kybourg

 

 


2017

Création d' ARGILE au centre de culture ABC, Temple allemand, la Chaux-de-Fonds

Spectacle présenté les 9, 10 et 11 juin 2017

 

 

Un voyage intime et poétique, sur une scène de quatre mètres carrés d'argile.


Sur une scène d'argile, un comédien, une danseuse, un musicien et un sculpteur interagissent entre eux et avec la terre meuble. Les mots se répercutent, rebondissent, deviennent visibles, impliquent des changements de la terre et des corps. Terre et corps sont en lien et en écho l’un et l'autre.

ARGILE est un spectacle poétique, qui questionne le temps et la mémoire de la matière, la force et le besoin des mots pour dire le réel.   

 


 

 

Orélie Fuchs Chen grave sa nouvelle création dans l'"Argile"

 

THEATRE Le Temple allemand accueille "Argile", nouvelle création d'Orélie Fuchs Chen avec notamment le comédien Pierre-Isaïe Duc.

Un âne l'avait révélée en 2003 ("L'acteur dit:"). De la terre la confirme aujourd'hui: auteure, plasticienne, metteure en scène, Orélie Fuchs Chen signe "Argile", une co-production de l'ABC à découvrir les 9, 10 et 11 juin au Temple allemand.

 

Quatre humains et un carré de terre

 

Terre, mots, sons, mouvements, espaces... tout est prétexte à sculpter pour la Neuchâteloise Orélie Fuchs Chen. La pâte humaine est son terreau, son terrain de jeu, son matériau premier.

La pièce écrite, mise en scène et scénographiée par l'artiste neuchâteloise met aux prises un comédien tout terrain, un plasticien formé à la figuration, un musicien lunaire, une jeune danseuse et des tonnes de terre. Quatre mètres carrés d'argile meuble en guise de scène et quatre humains avec leurs désirs, leurs questionnements, leurs petites turpitudes d'humains. Terre et individus interagissent en un dialogue conjuguant matière, mots, mouvements et sons.

 

LA MATIERE: la scène est recouverte d'un amas de terre glaise, un monde immémorial forgé par Tan Chen, sculpteur neuchâtelois d'origine chinoise.

 

LES MOTS: comédien solaire capable de se vautrer dans la boue avec la désinvolture d'un prince, Pierre-Isaïe Duc porte le texte.

 

LA MUSIQUE: Cédric Monnin, joueur de naï (flûte de pan roumaine), taille les sons dans le vif et en live.

 

LE MOUVEMENT: Naomi Roth sculpte dans l'espace la chorégraphie élaborée par Chloé Wettstein.

 

Corps à corps troublants, dérangeants. Corps à terre d'une poésie organique. La pièce s'interroge sur la trace, le temps, la mémoire de la matière, le besoin de dire le réel. Ce qui reste de l'agitation humaine dans l'immensité de l'univers. Oui, ce qui reste: la poésie, le rêve, la beauté peut-être. La vie.

 

 

L'Express, Catherine Favre, 8 juin 2017

 

2005 

T50-Genève / Foudre (comme le silence du monde) 

 

THEATRE: La jeune Orélie Fuchs signe "Foudre", beau conte en mille morceaux poétiques joué par Delphine Rosay sous les yeux d'un ours polaire

 

NUIT BLANCHE THEATRALE ET ANIMALE A GENEVE 

 

A franchir le seuil du T50 à Genève, on est six spectateurs à peine au crépuscule, en ce jour de printemps. A l'entrée une jeune femme solide et rêveuse déchire les tickets. Ses yeux bleus disent: "Merci d'être là." C'est Orélie Fuchs, l'auteur de Foudre (comme le silence du monde), une plasticienne neuchâteloise qui aime les acteurs. Une heure après, à la sortie d'un spectacle en forme de nuit blanche, c'est à notre tour de lui dire "merci" du regard. Elle et sa comédienne Delphine Rosay offrent un moment qui leur ressemble: des paysages intérieurs sur un plateau de cire, un conte d'hiver, qui prémunirait du grand froid, avec un ours polaire hébété sur scène et un tube de pub anglais en apothéose.

 

Les poèmes scéniques d'Orélie Fuchs se construisent à la croisée des genres. Entre étable et encrier gorgé de doutes. A la Bâtie en 2003, elle dirigeait trois acteurs, au T50 déjà, et hébergeait dans cette salle grande comme une chapelle un âne, libre de s'épancher d'une rangée à l'autre pendant le spectacle. Elle avait titré cet essai L'acteur dit. Le dispositif scénique était à l'image de l'écriture: surchargé d'effets au point d'en paraître oiseux.

 

En regard de cet opus, Foudre touche par sa justesse de ton. Sur scène, Delphine Rosay brode comme à la veillée un roman: une histoire équestre avec deuil sur la glace. Elle invite surtout à feuilleter le bréviaire laïque de l'auteur, des ordonnances en série qu'on ferait volontiers sienne: "Penser à Joseph Beuys et à ses coyotes", "Trouver un système de glace sans tain pour voir mon âme au matin."

A la fin, il se passe ceci: l'actrice meurt en douce, bras en croix, à un coup de patte de l'ours empaillé. Elle rit intérieurement. Des flammèches grésillent. Une chanson anglaise pousse à la gigue. Tout est joie. Foudre a une âme et c'est précieux. 

 

Le Temps, Alexandre Demidoff, mars 2005

 

 

2005 

T50-Genève / Foudre (comme le silence du monde) 

 

DECOUVREZ LA FEMME QUI A VU LA FEMME QUI A VU L'OURS POLAIRE

 

Orélie Fuchs ose et nous fait basculer dans son univers déconcertant.

 

C'est un drôle de lieu, le T/50. On a glissé quelques rangées de sièges entre deux murs bruts, le spectateur a le sentiment de s'embarquer à bord d'un avion de pierre. En fait, la scénographie d'Orélie Fuchs incite plutôt à penser qu'il s'agit d'une caverne taillée à même la glace.

Drôle d'endroit pour une étrange rencontre. Delphine Rosay est là, qui attend en compagnie d'un gros ours polaire. La scène en cire a des reflets de banquise. L'ours est empaillé mais son regard, qui fixe obstinément le public, saisit par sa densité.

Au début du spectacle, on est un peu irrité par les longs silences, les temps creux qui rebondissent contre les parois. Et puis, sans qu'on sache trop comment, le contact s'établit. Delphine Rosay, magnifique, s'élance au-delà de la scène, au-delà d'elle-même. Elle pioche dans les poches de sa robe blanche, en tire des figurines d'animaux, des recommandations telles que: "Copier pour soi le sourire de la Joconde sans arrière-pensées."

 

Il y a du chamanisme dans cette chorégraphie ténue et précise. L'histoire importe finalement moins que les mots, devenus un élément au même titre que l'eau et la flamme. La comédienne elle-même semble puiser dans des instincts qui relèvent de l'animalité.

On est certes plus proche de la performance que du théâtre pur, mais on sait gré à Orélie Fuchs de ne rien retrancher à son univers. Il en émane une poésie décalée et sauvage tout à fait fascinante.

 

La Tribune de Genève, Lionel Chiuch, mars 2005

 

 

 

 

2005 

CCN-Neuchâtel / Foudre (comme le silence du monde) 

 

Foudre

 

Etrange ambiance que celle proposée par le Centre culturel neuchâtelois (CCN) qui accueille, sur la scène du Théâtre du Pommier, la pièce Foudre d'Orélie Fuchs. Ce texte, interprété sous les yeux d'un ours polaire par Delphine Rosay, est comme un beau conte. Il est donné en morceaux de souvenirs agencés par la mémoire, le déroulement des gestes et les actions qu'accomplit la comédienne sur scène. Elle donne à voir, petit à petit, l'espace empli de la scène qu'elle occupe. Il est autant question de mouvements, de sensations et de matières que de texte. L'ours polaire adulte qui est installé sur scène donne, par son jeu, imposant, sauvage et muet, la réplique silencieuse au texte et au jeu de la comédienne. Une expérience envoûtante.

 

(dak/comm)

 

 

 

 

Présentation parue dans la revue ART SUISSE

Déliés, De la littérature considérée comme un des beaux-arts, 2003

 

Orélie Fuchs

 

Le langage est le médium d'Orélie Fuchs, qu'elle choisisse de le mettre en situation dans l'espace public ou dans l'architecture, ou qu'elle entreprenne de le reconstruire à travers des textes qui hésitent entre théâtre et poésie et sont à la fois poème et drame, mais ni l'un ni l'autre, comme si l'ambition de l'écriture la poussait à chercher une langue plus originaire que celle que canalisent les genres littéraires établis par la tradition. Invitée en résidence à La Comédie de Genève en 2002 pour y écrire un texte destiné à la scène, elle n'oublie pas qu'elle est plasticienne et déroule une grande banderole sur le sol du couloir qui conduit les comédiens et les personnels techniques vers les coulisses. On peut y lire "comme tu respires" deuxième temps de l'accusation bien connue qui commence par "tu mens" mais aussi rappel de cette autre donnée fondamentale du jeu théâtral qu'est la gestion du souffle. En septembre 2003, Orélie Fuchs met en scène L'acteur dit: Le titre devient didascalie puisqu'il énonce, par l'ouverture des deux points, que l'acteur parle sans délai, comme si le temps de l'écriture et celui du jeu avait fusionné. Avec Théâtre pour une gare, la prise de parole devient le fait de chacun, spectateurs et acteurs. Le texte circule entre tous, et le montage de ses fragments est abandonné au hasard des enchaînements. Pour les indiens (en massepain) s'achève par une hypothèse plus radicale encore sur l'usage et, surtout l'usure du langage...

 

Hervé Laurent

  

 

 

 

 

2003

Bâtie-Genève / L'acteur dit: 

 

OU IL EST PROUVE QU UN ANE REVEUR PEUT AUSSI FAIRE L'ACTEUR

 

Plasticienne de formation, la jeune Orélie Fuchs signe "L'Acteur dit" à la Bâtie, méditation autour d'un théâtre défait.

 

L'âne est l'aiguillon du critique, au T50 à Genève, du moins. Son complice en rêverie même. A condition bien sûr que la bête ne soir pas bâtée. Extase asinienne en préambule? Certes pas. A la Bâtie, dans ce théâtre à peine moins exigu qu'une écurie, l'âne Prune promène, avec une nonchalance souveraine, sa robe mélancolique et ne craint aucun tête-à-tête avec le spectateur. Il avait même l'autre soir des tendresses herbivores qui ont laissé de douces morsures sur le poignet et la plume du soussigné.

Amour de poil et de plume, d'accord, mais pas anecdotique. Tou, dans L'Acteur dit signé et mis en scène par la jeune plasticienne Orélie Fuchs, évoque cette quête d'un contact perdu - avec soi-même, avec l'autre aussi. Non qu'il s'agisse de faire la leçon au spectateur. L'invitation est d'une autre nature: les comédiens Delphine Rosay, Pierre-Isaïe Duc, Shin Iglesias et l'enfant Max Hermann (ou Théo Lema en alternance), suscitent, d'une scène décousue à l'autre, des petites fictions de communauté. Un couple "cellophané" ici, une variation diététique autour du voluptueux Déjeuner sur l'herbe de Manet, une paire d'acteurs, en proie à l'angoisse de la fin, au terme de la représentation. Autant de profession de doute.

 

Au coeur de ce dispositif disloqué, Prune joue évidemment son rôle. Il s'inscrit dans une poétique de la diversion - pardon pour le pédantisme. Le théâtre n'est plus affaire de fiction chez Orélie Fuchs - thèse qui n'a rien de renversant. Mais il trouve refuge, à l'état embryonnaire, dans les bordures du texte, dans les à-côtés du drame, dans ces objets qui défilent dans la boîte en carton mouvante imaginée, en guise de décor, par Cathy Karatchian.

 

Bref, Orélie Fuchs s'expose, mais en creux et en morceaux, d'un tableau passager à l'autre, manière de rendre partageables ses désenchantements qui ne sont pas synonymes de renoncements. Propos attachant, mais dommage que cet Acteur dit, fruit d'une résidence d'écriture à la Comédie de Genève, cède à la complaisance: maniérisme naïf dans le jeu tantôt, verbosité irritante à d'autres moments, dilatation de la pièce. des maladresses qui ne masquent pas l'essentiel: l'univers d'Orélie Fuchs est rugueusement aimant.

 

Le Temps, Alexandre Demidoff, septembre 2003

 

 

 

 

2003

L'arsenic-Lausanne / L'acteur dit:

 

Comme des oiseaux sans ailes

 

L'Arsenic accueille la seconde version de L'acteur dit, d'Orélie Fuchs

 

CRITIQUE La première version de L'acteur dit: a été créée en septembre dernier au festival de la Bâtie-Genève dans un tout petit espace. La seconde a vu le jour jeudi passé dans la grande salle de l'Arsenic à Lausanne. N'ayant vu que celle-ci, on s'abstiendra de toute comparaison. On ne boudera pas, en revanche, le doux plaisir procuré par cette équipe, emmenée par Orélie Fuchs qui signe le texte et la mise en scène. Un spectacle comme un voyage intime, mélangeant les arts, avec sa part de cocasseries poétiques et sa part d'interrogations sur la folie du monde.

Cela saute du coq à l'âne, en quelque sorte. Pas de coq sur scène, mais un âne, oui. Ou plutôt une ânesse répondant au joli nom de Prune. Elle fait de la figuration active, quoique trop parcimonieuse. Figuration encore avec Camille Fuchs, en chemise de nuit dans un lit très convoité par des camarades très joueurs. Ils sont quatre: Shin Iglesias, Delphine Rosay, Pierre-Isaïe Duc et Max Hermann (ce dernier en alternance avec Théo Lema), angélique enfant dont le rôle, omniprésent, l'amène à composer, très bien, une sorte de conscience mutine, avec ou sans mégaphone, des autres personnages.

 

C'est du moins comme ça qu'on l'a compris. Et peu importe si ce n'est pas la vérité de la prometteuse Orélie Fuchs. Elle a ses mots à dire et offre ainsi son univers, ses voisins et ses sentiments, à propos des acteurs, de leurs corps, de leurs liens avec la scène ou les objets du quotidien. A l'Arsenic, il y en a des dixaines (du frigo à la chaîne hi-fi), bric-à-brac évoquant la vie ordinaire comme les effets spéciaux du théâtre. L'écriture tient du zapping, la fable du puzzle: à chacun de mettre les morceaux à la place qu'il veut, dans sa mémoire ou à la poubelle. Tout n'est pas original ni maîtrisé, mais tout respire la sincérité. On y parle d'incompréhension, de consommation, mais surtout des doutes et des rêves des êtres humains, ces oiseaux sans ailes, si vulnérables mais libres quand ils le veulent grâce à leur imagination.

 

24 heures, Michel Caspary, septembre 2003

 

 

 

2003

CCN-Neuchâtel / L'acteur dit:

 

THEATRE

L'écriture d'Orélie Fuchs

 

"Pièce pour trois comédiens, un enfants et un âne, écrite et jouée en laissant la porte entr'ouverte sur la fabrique même de la fiction, justifiant le recours à l'illusion théâtrale", explique Orélie Fuchs, jeune auteure neuchâteloise. Sa pièce "L'acteur dit" sera donnée vendredi et samedi à 20h30, au théâtre du Pommier, à Neuchâtel.

 

"Représentante à coup sûr de la garde montante du théâtre romand", dit d'elle Patrice Neuenschwander, délégué culturel de la Ville, Orélie Fuchs, 25 ans, a grandi à Cortaillod. Elle a obtenu un bac littéraire au lycée Denis-de-Rougemont avant d'entreprendre des études à l'Ecole supérieure des beaux-arts de Genève. Elle a reçu en 2001 le prix du Fonds cantonal genevois de décoration et d'art visuel, avant de séjourner six mois à Bruxelles grâce à une bourse octroyée notamment par la Ville de Neuchâtel.

 

"Magnifique matériau"

 

Orélie Fuchs résume ainsi le propos de"L'acteur dit" : "Parler de la consommation, du zapping, de la communication. Montrer des êtres dans leur proximité avec les objets. Ecrire des dialogues de gens qui nous ressemblent. Rendre sensible le besoin des êtres en cette circonstance."

 

"L'acteur dit" a été écrit en résidence à la Comédie de Genève et monté cet été au festival de la Bâtie, dans cette même ville, et a été salué par les critiques de la presse lémanique. "Le hasard m'a portée vers le théâtre. Parce que mes mots étaient venus s'inscrire dans l'espace, le théâtre soudain me proposait le plus magnifique matériau pour cela: l'humain, sa voix, son corps", écrit Orélie Fuchs.

 

 

aca/ Alexandre Caldara

 

  

 

 

Orélie Fuchs

 

Forte de sa jeunesse, l'auteur neuchâteloise crée à Genève «L'acteur dit:»

 

C'est sa première pièce qu'elle met en scène pour le festival de la Bâtie. Portrait.

 

Vingt cinq ans. A cet âge-là, on ne sait pas si on est mûr. Mais au fond, qu'est-ce que la maturité? Question que l'on ne peut s'empêcher de poser à Orélie Fuchs, jeune auteur dramatique à la voix chevrotante, prise, comme ses joues rougies, par l'émotion de devoir défendre «L'acteur dit...». Une pièce qu'elle a écrite et qu'elle monte pour le festival de La Bâtie, à Genève.

Ce n'est pas peu que d'être invitée à présenter son premier spectacle dans le cadre du plus important festival pluridisciplinaire romand. Cela peut vous couronner de lauriers comme d'épines. Vous ouvrir toutes les portes ou vous les fermer.

Orélie Fuchs le sait. Mais une inconscience de jeunesse semble la protéger de toute angoisse et de toute crainte. «Je ne sais pas si je suis mûre, lâche-t-elle dans un sourire. J'espère d'ailleurs ne l'être jamais, car alors j'arrêterai d'exercer le métier d'artiste».

Orélie Fuchs est sculptrice. Neuchâteloise, elle a débarqué à Genève il y a cinq ans pour y faire ses études à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts. C'est là qu'elle s'est exercée (involontairement) à l'écriture «en inscrivant, comme elle dit, des textes dans l'espace».

Pour son diplôme de fin d'études, elle avait ainsi écrit dans l'épaisseur des murs de l'Ecole un texte de son cru que l'on pouvait lire à partir de la fin en grimpant les escaliers, du premier au quatrième étage. Le tout restait donc à reconstruire dans la tête du lecteur.

Originale démarche qui annonçait déjà son écriture éclatée, pratiquée dans «L'acteur dit...», pièce qui procède par flashs. Flashs de paroles prélevées non pas dans le tissu de la vie, mais dans le maelström des sensations.

 

«Le concret m'assomme»

 

C’est ce qu’avoue Orélie Fuchs, qui préfère rêver. Rêver en créant le vertige, en creusant la distance entre le physique d'une personne et ce qu'elle dit.

«Dans la pièce, poursuit l'auteur, je ne raconte pas une histoire; je n'aime pas ça. Peut être qu'un jour je le ferai. Mais pour l'instant, ce qui m'intéresse, c'est essayer de montrer ce qui se passe au-delà de la réalité. Tout ce qui advient dans l'existence sans qu'on puisse le formuler».

 

 

Swissinfo, Ghania Adamo, 3 septembre 2003

  

 

 

 

 

https://soundcloud.com/user-901424659-506821462/lacteur-dit/s-aDKp3